Actualités de l’ambassade

La réaction de l’Ambassade aux commentaires xénophobes diffusés le 5 octobre par un poste de radio français

 L’Ambassade de Roumanie à Paris a saisi les autorités françaises contre les remarques xénophobes à l’égard des citoyens roumains, faites dans le cadre de l’émission humoristique ”On va s’gêner!” diffusée par le poste de radio français Europe 1.

Ainsi, l’Ambassade de Roumanie a adressé des lettres de protestation aux institutions et aux personnes habilitées – le président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et à la direction du poste de radio Europe 1- pour condamner fermement toute forme de discrimination et pour demander la prise des mesures immédiates.

Monsieur l’Ambassadeur Bogdan Mazuru, dans son interview à RFI Roumanie*, a exprimé son mécontentement vis-à-vis de l’émission « On va s’gêner » animée par Laurent Ruquier, en disant que, au-delà des stéréotypes et des clichés, l’utilisation d’expressions vulgaires pour parler de citoyens roumains signifie une transgression des limites autorisées de la liberté d’expression. En plus, il juge «frustrant» d’utiliser la francophonie de la Roumanie pour «frapper» les roumains, «lorsque la Roumanie et la France font autant d’efforts pour promouvoir la francophonie en Roumanie.

A son tour, le soir du 5 Octobre, le Ministère des Affaires Etrangères a publié un communiqué de presse qui exprime l'indignation face aux commentaires faites pendant l’émission.

 

* L’ambassadeur Bogdan Mazuru réagit à l’émission radio «On va s’gêner » : «Il est frustrant d’utiliser la francophonie comme une attaque contre les roumains. »

« Il y a eu plusieurs remarques désagréables, en dehors des clichés et des stéréotypes liés aux mendiants roumains, à ceux qui placent des prostituées mineures dans le métro parisien, …, des remarques avec un humour au moins douteux. Des expressions vulgaires, presque offensantes ont été utilisées que je ne me permets pas de traduire mot à mot en roumain. Pour cela, je pense que le réalisateur de l’émission devrait être pénalisé par l’institution qui est apte à exercer ce type de sanctions, notamment l’équivalent du Conseil National de l’Audiovisuel en Roumanie qui s’appelle Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. »

Rep: N’y a –t-il pas le risque qu’ils disent qu’il s’agit seulement d’une émission satirique, d’humour ?

« Si. C’est une émission satirique, d’humour et nous sommes conscients de ce qu’elle signifie et nous soutenons la liberté des journalistes à s’exprimer. Mais, il existe certaines limites qui, à mon avis, ne peuvent pas être transgressées et je n’ose pas penser à ce qu’il pourrait se passer si ces expressions avaient été diffusées à l’égard des français par une chaîne roumaine de télévision ou de radio. »

Rep : Pensez-vous que cette situation aurait pu être évitée ?

« Ces émissions possèdent des degrés de liberté assez importants. Ce qui m’a contrarié a été le fait que cette transmission radio a été enregistrée. Elle n’a pas été transmise en direct et donc le rédacteur en chef ou le poste lui-même aurait pu exercer un certain contrôle de rédaction sur cette émission. »

Rep : L’émission commence par la question : « Qu’est ce que 85% d’élèves roumains font? »

« Pour moi, il a été surprenant que- dans une transmission humoristique, comme vous dites- la francophonie est utilisée comme une attaque contre les roumains. Au moment où la Roumanie et la France font autant d’efforts pour promouvoir la francophonie en Roumanie, les participants eux-mêmes confirmant que la Roumanie est le premier pays européen du point de vue de l’apprentissage du français et du pourcentage des élevés qui apprennent la langue française, il est frustrant et assez étrange pour moi que cette idée est pervertie pour blesser les roumains qui parlent français. Que peut penser un citoyen roumain de la classe moyenne, qui souhaite que ses enfants suivent des cours de français à l’école, quand il entend de la part des français que les roumains apprennent la langue française pour mieux mendier ?! Je ne crois pas que cela puisse nous rendre heureux et c’est pour ça que je répète encore une fois, avec toute la compréhension pour la liberté d’expression, pour les émissions humoristiques qui peuvent avoir des limités très généreuses en ce qui concerne la liberté d’expression, de telles choses doivent être identifiées et sanctionnées. »

Rep: Est-il possible de trouver une éventuelle excuse à ces dérapages vu que la situation des roumains délinquants en France a été très médiatisée dernièrement ? Il s’agit d’un contexte…

Il y a un contexte un peu plus sensible et l’opinion publique roumaine sait de quoi il s’agit quand nous regardons les cas qui ont été fortement médiatisés en Roumanie pendant les derniers mois. D’un coté, il y a la presse française, les informations sur les délinquants roumains, les statistiques qui les concernent. De l’autre coté, les medias roumaines parlent des cas dans lesquels les citoyens roumains ont « bénéficié » en France des traitements loin d’être les plus appropriés. Rappelez-vous juste le dernier cas, celui des trois jeunes roumains qui ont été arrêtés et détenus pour 48 heures par la police française seulement parce qu’ils avaient des iTéléphones et ils parlaient roumain entre eux. La médiatisation de ces cas a sûrement augmenté la sensibilité publique à ce sujet en Roumanie. C’est pourquoi je crois que nous devons être prudents lorsque nous y faisons référence.

Rep: Comment pouvons-nous calmer les esprits des deux cotés- roumain et français ?

A ce moment-là, il y a deux choses dont il faut parler. Tout d’abord, il s’agit de la dimension opérationnelle, ce qui signifie une coopération forte et structurée entre la Roumanie et la France, aux niveaux des affaires intérieures et justice, dans laquelle le Ministère des Affaires Etrangères est également impliqué. Je me réfère ici à la présence de la police roumaine en France, surtout dans la région parisienne ; nous sommes heureux de voir que les homologues françaises apprécient beaucoup le travaille qu’ils font ici ; on parle des réunions prospectives pour décider sur des actions concrets, afin de renforcer cette coopération. Il s’agit aussi de la présence des magistrats de liaison français en Roumanie et roumains en France ; il y a de nombreuses suggestions de notre part, afin d’avoir des résultats plus rapides et plus efficaces dans la lutte contre les délinquants roumains en France.

Ces sont des choses qu’on ne doit pas cacher. Il y a des délinquants, citoyens roumains, sans distinction d’ethnie, qui commettent des infractions à Paris et en France. Mais toutes ces questions font l’objet même de la forte coopération entre les deux pays. Ce que nous - les représentants officiels, roumains et français - pouvons faire, c’est de faire attention, dans nos déclarations publiques, à ne pas recourir à des approximations et généralisations, à ne pas amalgamer des choses qui font que l’image sur les problèmes des délinquants roumains en France soit déformée et fausse.

Visite à Paris du ministre de l’agriculture et du développement rural

02/14/18

Très bonne rencontre du ministre de l’agriculture et du développement durable, M.…

Remise de médaille à l’Attaché des Affaires intérieures

01/26/18

Félicitations à notre collègue, M. Cătălin IONESCU, Commissaire divisionnaire de…